Les traitements chirurgicaux du syndrome d’apnée du sommeil sévère constituent des interventions beaucoup plus lourdes.

Cette chirurgie repose sur deux principes :

1 – soit diminuer les éléments anatomiques contenus dans la cavité buccale et l’oropharynx et plus particulièrement au niveau de la base de langue. Il s’agit de la chirurgie du contenu.

2 – soit élargir les structures osseuses qui délimitent la cavité buccale et l’oro-pharynx de manière à élargir le contenant.

I – Chirurgie du contenu :

A – Radio-fréquence de la base de langue :
acceder à la radiofréquence de la base de langue
B – la chirurgie de la langue :
1 – LES INDICATIONS :

Patients jeunes porteur d’une obstruction majeure de la base de langue sans anomalie maxillo-mandibulaire associée.

SAS sévère.

2 – LA GLOSSECTOMIE LASER:
Son but est d’agrandir le volume du pharynx en pratiquant une résection du tiers médian de la base de langue en y associant souvent une amputation du bord libre de l’épiglotte. Une trachéotomie transitoire de 3 jours s’avère nécessaire.

réduction de la base de langue au laser

Les suites opératoires sont marquées par un syndrome douloureux et une dysphagie très marqués pendant une dizaine de jours.
3 – LA RÉDUCTION CHIRURGICALE DE LA BASE DE LANGUE AVEC HYODOPLASTIE :
a. SON BUT
est la réduction de la base de langue et élargissement latéral des parois de l’oropharynx.
b – POUR QUEL TYPE DE RONFLEMENT ?
Cette technique s’adresse au patient présentant un ronflement avec une diminution importante du diamètre du pharynx, une verticalisation de la langue et un affaissement de l’os hyoide sans anomalies du squelette maxillo-mandibulaire.


  • c – TECHNIQUE
    Sous anesthésie générale.

    Cette intervention nécessite une trachéotomie transitoire et un abord par incision cervicale.

    Résection de la base de langue associée à une section médiane de l’os hyoïde qui est suspendu et fixé à la mandibule par des fils, ce qui permet un élargissement du pharynx.


  • chirurgie de l’os hyoide

d- LES SUITES
Les suites opératoires sont marquées par un important syndrome algique et des difficultés à la déglutition d’une durée de 10 jours environ.

II – Chirurgie du contenant :

1 – LA CHIRURGIE SANS MODIFICATION DE L’ARTICULÉ DENTAIRE.
OSTEOTOMIE MANDIBULAIRE SEGMENTAIRE + SUSPENSION DE L’OS HYOIDE
a – SON BUT :
L’objectif est d’avancer les attaches de la langue.

Cette intervention necessite d’associer à la suspension hyoidienne, la traction antérieure de la langue sous peine d’aboutir à un échec en aggravant la bascule postérieure de la langue.
la suspension hyoidienne agit sur les attaches postérieures de la base de langue pour agrandir le pharynx en arrière de la base de langue.

la traction transmandibulaire agit sur les attaches antérieures de la langue par la création d’un volet osseux à travers la mandibule

traction de la langue à travers la mandibule

b – LA TECHNIQUE :

Sous anesthésie générale, avec un abord cervical, ce geste ne necessite pas de trachéotomie.

On effectue une suspension et une fixation de l’os hyoïde au bord antérieur de la mandibule, que l’on associe à une traction des attaches antérieures de la langue par un volet osseux à travers la mandibule.
c- EFFETS SECONDAIRES :
L’intervention est peu douloureuse, mais le patient présente une sensation transitoire de grosse langue pouvant gêner la déglutition pendant 1 à 2 semaines.

2 – LA CHIRURGIE AVEC MODIFICATION DE L’ARTICULÉ DENTAIRE.

a – LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES:
Ces techniques necessitent une prise en charge orthodontique et maxillo-faciale.

Le choix de la technique est pris aprés analyse céphalométrique. Il dépend de la necessité d’avancer isolément la mandibule, ou de l’associer à une avancée du maxillaire supérieur.
OSTEOTOMIE SAGITTALE DE LA MANDIBULE

la bi avancée maxillo-mandibulaire
b – RÉSULTATS :
Les taux de succès sont de l’ordre de 60 % pour la chirurgie hyoïdienne isolée, de 70 % pour la chirurgie ne modifiant pas l’articulé dentaire, et sont voisines de 100% pour la chirurgie de bi avancée maxillo-mandibulaire.