I – Introduction :


  • Définition :
    Maladie chronique de la muqueuse nasale d’une durée d’au moins 12 semaines consécutives par an.

    Classification :On distingue deux grandes familles de rhinite:
    Les rhinites allergiques :
    Les rhinites non-allergiques comprennent deux groupes :
    Les rhinites inflammatoires
    Les rhinites non-inflammatoires


  • Aspect des fosses nasales en endoscopie

A – la rhinite allergique

acceder à la rhinite allergique

B – la rhinite non allergique

I. LE NARES OU RHINITE INFLAMMATOIRE :

Il s’agit de la rhinite non allergique à éosinophile appelée NARES.

Elle constituerait une forme de début de la polypose naso-sinusienne.

C’est une rhinite permanente évoluant par paroxysme. C’est un syndrome d’hyperréactivité nasale se manifestant par des symptômes similaires à la rhinite allergique persistante.

Son mécanisme demeure inconnu.


  • Diagnostic :
    Les symptômes associent à un nez bouché (obstruction nasale), des écoulements importants, et une diminution d’odorat. Des crises associant éternuements en salve, démangeaison nasale et écoulement abondant ne sont pas rares.

    Tous les tests allergiques sont négatifs.


  • Dégenerescence polypeuse d’une rhinite

L’examen cytologique, effectué après frottis de la muqueuse nasale, présente un mucus riche en cellules éosinophiles (> 20%)

Traitement :

Il fait appel à des corticoïdes nasaux, habituellement très efficace.Mais une surveillance attentive est souhaitable pour s’assurer de l’absence d’évolution vers une polypose nasale.

La liste non exhaustive des corticoïdes nasaux commercialisés:
Nasacort, nasonex, Rhinocort, Flixonase, Beconase, Avamys..

II. LA RHINITE NON-INFLAMMATOIRE :

1. DÉFINITION :


  • rhinite chronique
  •  

    C’est l’ensemble des rhinites persistantes, non-allergiques, ne présentant pas de signes d’inflammation identifiable à l’examen de la muqueuse nasale et/ou à la cytologie nasale.

2. DIAGNOSTIC

a) La rhinite vaso-motrice :


  • Très fréquente, elle a une prédominance féminine et apparaît plutôt après l’âge de 20 ans. Elle survient volontiers sur un terrain de stress.

    Son mécanisme serait lié à une mauvaise régulation du système neuro-végétatif.

    Les symptômes sont un nez bouché associé à un écoulement nasal antérieur, un mouchage postérieur et une sensation de pesanteur faciale.

    Ces signes se manifestent plus particulièrement en présence de facteurs environnementaux (fumée poussière, variations de température, humidité, odeurs fortes, solvants..)


  • Aspect de rhinite avec hypersecretion


  • Rhinosinusite infectieuse

  • b) Les rhinites exogènes :

    – Déclenchée lors de l’ingestion d’aliments : alcool, poisson, chocolat, caféine, les sulfites (E220 à E228), piment..

    – Par abus de décongestionnant nasaux

    – Des médicaments : l’aspirine, certains anti hypertenseurs, les médicaments des troubles de l’érection.


  • Déclenchée lors de l’exposition professionnelle à de nombreuses substances (colles, résine epoxy, isocyanates..) (plus de 450 recensées), dont la liste est consultable sur la base de données des tableaux des maladies professionnelles :  sur le site de l’Institut National de Recherche et de sécurité (http://www.inrs.fr/).

    L’examen endonasal retrouve des lésions variables selon l’irritant (rougeur, croûtes, perforations..), les tests de provocation nasale sont importants pour permettre d’envisager des mesures préventives (changement de poste de travail, masque protecteur..).


  • solvant industriel


  • rhinite pendant la grossesse
  •  

    c) La rhinite hormonale :

    C’est une rhinite liée aux modifications hormonales physiologiques ou pathologiques.

    Prés de 30% des femmes enceintes rapportent l’existence d’un nez bouché au cours de leur grossesse, source de ronflement (cliquez ici)

    Celle-ci survient en général après le premier trimestre et s’aggrave pendant le troisième trimestre et disparaît le plus souvent 2 semaines après l’accouchement.


  • d) la rhinite atrophique et syndrome du nez vide :

    Elle se traduit par une large vacuité de la cavité nasale due à une atrophie de la muqueuse nasale recouverte de croûtes malodorantes.

    Elle peut être primitive (ozène) ou secondaire (radiothérapie, chirurgie des cornets..)


  • batonnet acryliquebâtonnet d’Eyries acrylic

Le traitement est d’abord médical puis chirugical par la mise en place d’implant de phosphate tricalcique ou de bâtonnet d’acrylic sous la muqueuse de la paroi inférieure des fosses nasales.

Une statistique récente montre que sur 115 patients opérés par la méthode des bâtonnets d’acrylic. Les résultats sont jugés excellents dans 67 % des cas, apportant une réelle amélioration dans 22 % des cas et insuffisant dans seulement 11% des cas.

3. TRAITEMENT DE LA RHINITE VASOMOTRICE :


  • rhinite vaso-motrice

  • Il est constitué par le traitement symptomatique d’un symptôme invalidant.

    Le symptôme essentiel étant l’obstruction nasale, il fait appel aux techniques de réduction des cornets inférieurs.

a) Les traitements médicaux :

Les Corticoïdes locaux ont pour but de lutter contre la composante inflammatoire qui est responsable d’une partie de l’obstruction de la cavité nasale.


  • b) Les traitements instrumentaux visent à réduire le volume des cornets inférieurs :

    Le Laser montre une efficacité constante atteignant plus de 93 % des cas. C’est un traitement simple, ambulatoire et efficace. La séance est totalement indolore, dure environ 20 mn sous contrôle optique après une anesthésie locale. En post-opératoire le patient doit effectuer des soins par des lavages des fosses nasales pendant une période d’un mois au terme de laquelle le résultat définitif est observé.

    La radiofréquence est une technique prometteuse mais apparaît limité à cause du coût des sondes et de la multiplication du nombre de séances.


  • Laser endonasal

La cautérisation des cornets inférieurs : ancienne technique de réduction des cornets inférieurs, ne semble pas durable dans le temps, et les récidives apparaissent importantes.

La cryothérapie : technique faisant appel au froid a peu de place actuellement.


  • Chirurgie endonasale

  • c) la chirurgie :

    La turbinectomie chirurgicale est très efficace sur l’obstruction nasale et ses résultats sont constants, à la condition d’être partielle.

    En effet la turbinectomie totale est source de rhinite croûteuse atrophique invalidante, s’apparentant à l’ozène.

Son but:
Il s’agit de libérer la partie inférieure de la fosse nasale afin de facilité la ventilation nasale et lever l’obstruction nasale.


  • Pendant l’intervention:
    L’intervention se passe le plus souvent sous anesthésie générale de courte durée environ 20 mn. Cette chirurgie endonasale, permet l’ablation des 2/3 inférieurs du cornet inférieur, libérant la fosse nasale.

    Incident rare :
    Hémorragie provenant de la queue du cornet inférieur, nécessitant une cautérisation.

    Après l’opération :
    méchage de 24 heures. Sortie du patient le lendemain et visite de contrôle au 7ème jour. Les phases post-opératoires de cicatrisation ont une durée d’environ 3 à 4 semaines.


  • vacuité de la fosse nasale après Turbinectomie totale