I.La fonction olfactive :


  • Comme tous les autres mammifères, l’homme est capable de détecter et de différencier très efficacement de multiples molécules odorantes.

    Dès cinq sens, c’est aussi le plus paradoxal: dominant dans le monde animal, même chez les mammifères supérieurs, il semble chez l’homme être un sens marginal, par rapport à ceux de la vision et de l’audition.

    Ses capacités d’apprentissage des sensations olfactives lui permettent d’ajouter sans cesse de nouvelles informations dans un contexte d’hédonisme, de souvenir et de vie relationnelle.

    Cette fonction permet également de bloquer l’inspiration de substances odorantes dangereuses pour l’organisme comme l’ammoniaque.


  • L’olfaction est un sens primaire


  • schema de l’olfaction
  •  

    L’olfaction est soit directe par une inspiration nasale,

    soit par la voie de la retro-olfaction lors d’une inspiration buccale, entraînant une remontée des molécules odorantes en arrière du voile du palais vers la fente olfactive.


  • La rencontre des molécules odorantes avec les neurones de l’épithélium olfactif est le point de départ de l’activation de la voie olfactive qui transmet l’information nerveuse aux bulbes olfactifs, puis au cortex cérébral.

    On classe les troubles de l’odorat en troubles quantitatifs et troubles qualitatifs :


  • olfaction et hédonisme

DIFFÉRENCE D’ODORAT ENTRE HOMME ET FEMME


  • l’olfaction homme vs femme

  • Des observations (menées dans les années 80’s), sembleraient démontrer que les femmes ont un meilleur odorat que les hommes, et il en serait ainsi chez tous les mammifères.

    Ces etudes furent realisées sur plusieurs milliers d’individus des deux sexes avant d’arriver à de telles conclusions.

    De façon schematique, il semblerait que la capacité olfactive ainsi que la quantité de recepteurs sont liées à la concentration de deux proteines (AMP cylcique et GMP cylcique) au sein du mucus nasal.

Les femmes auraient, compte tenu de leur production hormonale, une quantité d’AMP-c plus importante ce qui pourrait sous-tendre leur meilleur odorat que les hommes, notamment pendant la grossesse.

II.Les dysosmies :

Les troubles qualitatifs de l’olfaction peuvent se traduire de différentes façons :

  1. La cacosmie: est la perception d’une mauvaise odeur effectivement présente dans l’organisme et ressentie par le patient et son entourage. Elle se retrouve dans les pathologies sinusiennes (sinusite infectieuse, aspergillose) mais aussi dans la pathologie amygdalienne, dentaire ou le reflux gastro-œsophagien
  2. La parosmie: est la modification par le patient d’une odeur habituellement agréable en une odeur désagréable (odeur de brûlé, excréments).
  3. La phantosmie: est la perception par le patient d’une odeur qui n’existe pas.
système olfactif

III.Les pertes quantitatives


  • test de l’odorat

  • Ces troubles quantitatifs de l’olfaction, vont de l’hyposmie qui est une perte partielle de l’odorat jusqu’à l’anosmie ou absence totale d’odorat.

    L’hyperosmie est rarissime. De récentes études pratiquées sur le sujet ont démontré des rapports fréquents entre l’hyperosmie et la pathologie migraineuse.

    Cette hyperosmie pendant la crise migraineuse serait équivalente à une « hallucination olfactive », et ne s’accompagne pas forcement de maux de tête.

    Les résultats de ces études montrent que l’hyperacuité olfactive apparait lors d’une crise migraineuse et persiste entre les crises. De plus cette sensibilité exacerbée aux odeurs pourrait contribuer à l’apparition d’une migraine.

Les thérapeutiques mises en oeuvre dans l’hyperosmie découlent de ces études.

IV.Les causes :

  1. un interrogatoire à la recherche d’un traumatisme crânien récent ou d’une exposition chimique professionnelle,
  2. des tests olfactifs permettent de distinguer les anomalies quantitatives et qualitatives.
  3. un examen endoscopique peut déceler une rhinite chronique ou une polypose naso-sinusienne.
  4. le scanner des sinus est systématique pour compléter l’exploration des fentes olfactives et de l’ethmoïde.
  5. L’IRM devra être pratiquée pour rechercher des causes tumorales intra-cérébrales (méningiomes olfactifs, gliome..)
Les sinus de la face

A.LES PERTES D’ODORAT PAR ANOMALIE DU PORTAGE AÉRIEN :


  • 1) La polypose naso-sinusienne: Les polypes par leur présence et leur encombrement empêchent les molécules odorantes d’atteindre la fente olfactive,

  • Polype exteriorisé par le nez / polype en fibroscopie


  • Dégenerescence polypeuse d’une rhinite

  • 2) Les rhinites chroniques: Les rhinites chroniques entraînent une majoration des sécrétions de mucus sur l’épithélium olfactif, ce qui altère la pénétration des molécules odorantes vers les récepteurs sensoriels.

B. LES PERTES D’ODORAT PAR ANOMALIE DE PERCEPTION DU SYSTÈME OLFACTIF :


  • Les molécules odorantes sont captées par les nerfs olfactifs qui vont traduire un message chimique en message biologique.

    Les neurones olfactifs ont une durée de vie courte, limitée à quelques mois. Ce sont les seuls neurones de l’organisme des mammifères pouvant se renouveler à l’âge adulte.


  • schema de l’olfaction

  •  

    1) L’infection virale   représente la première cause de perte d’odorat au monde, on évalue sa fréquence à 35% des dysosmies.

    2) Les autres causes sont beaucoup plus rares:
    Post-radiothérapie Toxique (métaux lourds, acide sulfurique..)Médicamenteuse (exceptionnel) Pathologie rénale ou hépatique


  • infection virale

C.LES PERTES D’ODORAT D’ORIGINE CENTRALE


L’atteinte se situe soit au niveau du bulbe olfactif soit au niveau cortical.
1) Les traumatismes crâniens

2) La maladie d’Alzheimer: les troubles de l’odorat seraient un signe précoce de la maladie.

3) Le méningiome du bulbe olfactif

4) Les autres causes sont plus rares: Maladie de Parkinson, tumeurs cérébrales, diabète, cirrhose alcoolique, hypothyroïdie),etc..

meningiome du bulbe olfactif

V.Les traitements :

L’approche thérapeutique d’une perte d’odorat est d’abord diagnostic afin de situer la région anatomique de l’atteinte olfactive

1) Le traitement est d’abord adapté à la cause:
Traitement médical ou chirurgical de la rhinite chronique, ou en cas de polypose naso-sinusienne, ablation d’un méningiome ou réparation d’une fracture de l’étage antérieure de la base du crâne, etc..

2) Le Traitement médical symptomatique:
La corticothérapie générale est le traitement médical de référence.

Les corticoïdes locaux en continu, dans la polypose naso-sinusienne et la rhinite chronique, sont recommandés.

Les antihistaminiques sont conseillés en cas de rhinite chronique.

D’autres thérapeutiques ont été étudiées et certaines ont parfois fait preuve d’une relative efficacité : (Zinc, prostaglandines (cytotec), la théophilline, les cures de vitamine A, certains antiépileptiques ou antidépresseurs.