Risques et complications

 Toute chirurgie comporte des risques spécifiques. 

Ces complications peuvent vous alarmer mais il faut bien savoir que votre pathologie sinusienne elle meme
est évolutive et susceptible de se compliquer au cours de son évolution spontanée.

Cependant la liste non exhaustive de ces complications opératoires ne doit pas faire oublier leur relative rareté.

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I - Pendant l’intervention :

1. La fausse route orbitaire


Cet incident peut survenir lors d'une ethmoïdectomie.

Il s'agit le plus souvent d'une simple issue de graisse orbitaire bénigne, nécessitant de demander au patient de ne pas se moucher au réveil.

Bien plus rare la lésion du muscle oculaire droit interne responsable au réveil de troubles oculo-moteurs.
proximité entre méninge et sinusproximité entre méninge et sinus

2. La fausse route crânienne


Cette complication rare se voit essentiellement en cas de chirurgie ethmoïdale antérieure.

Le chirurgien s'aperçoit d'emblée d'un écoulement de LCR (liquide céphalo-rachidien) qu'il prend soin de colmater immédiatement, avec la mise en place d'un méchage pour une durée d'environ une semaine.

Le malade est mis sous antibiotique avec une surveillance très stricte afin de s'assurer de l'absence de fuite.

Un scanner de contrôle est réalisé à un mois.
sphéno palatine ligature endoscopique assistée par ordicoagulation endoscopique de l'artère sphénopalatine

3. Les hémorragies


Bien qu'exceptionnelle, nécessite une coagulation soigneuse des artères en cause à la pince coagulante.

La rarissime blessure de la carotide interne doit être citée, et nécessite un passage immédiat du patient en neuro-chirurgie pour mise en place d'un ballonnet gonflable par voie fémorale.

II - En post opératoire:

1. Les complications orbitaires :

  • La simple ecchymose des paupières disparaît en 3 semaines sans aucunes conséquences.
  • L'hématome intra-orbitaire compressif est rare et nécessite une évacuation urgente sous anesthésie générale, avant l'arrivée d'une protrusion du globe oculaire qui pourrait aboutir à une cécité par étirement du nerf optique.
  • Les atteintes exceptionnelles de la motilité oculaire: Elles nécessitent un scanner pour guider la prise en charge. L'incarcération musculaire nécessite d'intervenir en urgence.
  • La baisse de l'acuité visuelle est liée à une blessure rarissime mais toujours très grave du nerf optique. Il est indispensable d'avoir l'avis d'un ophtalmologiste et de pratiquer un scanner avant tout geste thérapeutique.

2. Les complications méningées sont exceptionnelles:

 
Apparition d'une fuite de liquide méningée (LCR) lors du déméchage nécessite de reprendre le patient au bloc opératoire pour colmater la brèche.

La méningite  avec ses signes associant fièvre, trouble de la vigilance et céphalées. L'examen clinique retrouve une raideur de la nuque. Une ponction lombaire et un scanner sont indispensables. Le patient est alors transféré en réanimation pour antibiothérapie à fortes doses et de façon prolongée.

III - Les complications tardives sont representés par les synechies:

synéchies entre cloison et cornetsynéchies entre cloison et tête du cornet moyen
  • Ces synéchies peuvent entraîner des fermetures des fosses nasales ou des orifices de méatotomies. Ces synéchies devront être sectionnées sous anesthésie générale, avec mise en place d'une petite plaque de silastic afin d'éviter leur récidive.
  • La sténose du canal naso-frontal est une synéchie bien plus grave exigeant un traitement spécifique.
  • La sténose des voies lacrymales peut nécessiter une intervention de reperméabilisation de la voie lacrymale par voie endoscopique (dacryocystorhinostomie) sous anesthésie générale.
  • L'ozène ou rhinite atrophique est une pathologie croûteuse chronique des fosses nasales. Son traitement est avant tout préventif par la réalisation d'une turbinectomie inférieure partielle et non totale. En effet la résection complète des cornets inférieurs semble, à l'heure actuelle être la cause principale des rhinites atrophiques.
Ces complications, bien que rares, soulignent l’importance de la pratique quotidienne par le patient de soins locaux pendant toute la durée de la cicatrisation, et de son suivi régulier et prolongé par le chirurgien.